Asset Management: Monthly Macro Insights - Août 2025

L’économie mondiale a démarré 2025 sur un rythme de croissance élevé, portée par une hausse de la consommation et de l’investissement en anticipation de l'augmentation des droits de douane. Le ralentissement de l’activité économique a-t-il été évité, ou a-t-il seulement repoussé à plus tard ?

Un S1 meilleur qu’attendu...

Le “jour de la libération” du 2 avril a bouleversé les marchés financiers. Les craintes d’une récession se sont rapidement développées tant la menace d’un choc inédit sur le commerce mondial, couplé à un effondrement de la confiance des agents économiques, étaient importants. Or, si le niveau définitif des droits de douane aux États-Unis demeure toujours incertain, le pire semble avoir été évité. Pour autant, une baisse significative de la croissance aux États-Unis et dans le monde au deuxième semestre de cette année semble probable, bien que l’absence de précédents historiques récents élargisse la marge d’erreur autour d’une quelconque prévision.

... mais les perspectives restent négatives

Jusqu’à présent, la Chine a relativement bien résisté face à l’augmentation des droits de douane, grâce à l’anticipation des exportateurs et à la résilience des flux de marchandise vers les marchés autres que les États-Unis. Plus généralement, la plupart des pays ont connu une accélération de la production manufacturière lors des premiers mois de 2025. Des gains particulièrement élevés ont été enregistrés en Asie et en Europe, principalement dans les secteurs technologiques et pharmaceutiques, soutenant ainsi la croissance économique mondiale.

Ce rythme n’est toutefois pas soutenable. Déjà, les prévisions d’investissement des entreprises en 2026 dans tous les pays du G7 sont inférieures à ce qu’elles étaient lors de l’arrivée de Trump à la Maison blanche pour son deuxième mandat.

Dès lors, le poids de la guerre commerciale pourrait n’avoir été que retardé, et le ralentissement du “front-loading” dans les quelques secteurs où il s’est produit serait amplifié par un affaiblissement de la demande américaine à mesure que les effets négatifs des politiques tarifaires et d'immigration se font sentir.

Un lourd double mandat

La Fed a maintenu son taux directeur dans une fourchette de 4,25 à 4,5 % pour la cinquième réunion consécutive en juillet. Pour la première fois en plus de 30 ans, deux gouverneurs – Waller et Bowman – ont exprimé leur dissidence, déclarant qu’ils préféraient une réduction de -25 pbs plutôt que de maintenir des taux plus élevés pendant plus longtemps. Ils craignent que la détérioration de la croissance et du marché du travail supplante la hausse de l’inflation. Ainsi, la Fed s’enfonce de plus en plus dans un dilemme entre ses deux mandants que sont le plein emploi et la stabilité des prix.

En somme, les droits de douane pourraient ne pas être aussi élevés qu'on ne le craignait initialement. Il s'agit néanmoins d'une taxe qui nuira aux rouages des chaînes d'approvisionnement et du commerce mondial. Les conséquences pourraient se révéler plus dommageables qu’espérées, surtout dans la mesure où les pressions inflationnistes qu’ils provoquent entravent les banquiers centraux dans leur volonté d’adopter une politique monétaire accommodante.

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de Marc-Antoine Collard, Chef Économiste et Responsable de la recherche

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