Asset Management: Monthly Macro Insights - Septembre 2026
Le paradoxe de l’IA : moteur de croissance, source de vulnérabilités
La croissance économique mondiale a quelque peu ralenti. En revanche, malgré des chocs successifs allant des droits de douane au conflit au Moyen-Orient, les craintes d’un recul significatif ne se sont pas concrétisées. Cette résilience a été largement soutenue par les dépenses d’investissement liées à l’intelligence artificielle (IA), même si cette dynamique s'accompagne d'une montée des vulnérabilités financières.
L’IA avant tout
Le monde connaît actuellement l’un des plus grands cycles d’investissement technologique de l’histoire. L’IA est au cœur de cette transformation, et est devenue un puissant catalyseur des dépenses d’investissement dans un large éventail de secteurs.
La question décisive est de savoir si ces investissements pourront rapidement se traduire par des gains de productivité significatifs. Or, non seulement l’ampleur de ces bénéfices demeure très incertaine, mais l’histoire économique montre également que les technologies de rupture nécessitent souvent des années d’investissements complémentaires et de transformations organisationnelles avant que leurs effets ne se matérialisent pleinement.
Les conséquences financières de la guerre commerciale
Parallèlement au boom d’investissement lié à l’IA, l’économie mondiale devient de plus en plus fragmentée. Les tensions récentes et les attaques frontales du Président Trump contre certains des plus proches partenaires commerciaux des États-Unis illustrent les risques liés à l’affaiblissement de ces relations, et les implications financières pourraient, à terme, être plus importantes que les effets directs sur le commerce.
Des taux d’intérêt plus élevés sur fond d’inflation persistante
Par ailleurs, les perspectives d'inflation demeurent complexes, ayant pour conséquence la montée des taux d’intérêt de long terme. En outre, l’élargissement des déficits budgétaires accroît les besoins d’emprunt des États, tandis que le boom de l’IA ajoute une pression supplémentaire à la hausse, les besoins massifs de financement augmentant la demande de capitaux de long terme.
En définitive, l'essor de l'IA présente les deux faces d'une même médaille. D'un côté, il pourrait engendrer des gains de productivité substantiels, favorisant une croissance potentielle plus élevée et une amélioration durable du niveau de vie. De l'autre, il alimente les pressions inflationnistes et contribue à la hausse des taux d'intérêt de long terme, augmentant ainsi les vulnérabilités financières. Ces risques pourraient devenir plus importants encore si les gains de productivité futurs ou les rendements des investissements liés à l'IA s'avéraient inférieurs aux attentes actuellement intégrées par les marchés et les entreprises.