Asset Management: Monthly Macro Insights - Août 2025
Un premier semestre plus résilient que prévu
Malgré les craintes de récession provoquées par la hausse des droits de douane américains au printemps 2025, l’économie mondiale a mieux résisté qu’attendu. Les annonces tarifaires ont finalement été appliquées de manière progressive et assorties d’exemptions, tandis que les conditions financières se sont assouplies au cours des derniers mois. Les investisseurs ont ainsi revu à la baisse les risques d’un ralentissement brutal, même si les droits de douane américains demeurent à leur plus haut niveau depuis les années 1930.
Jusqu’à présent, la Chine a relativement bien résisté à la guerre commerciale grâce à la réorientation de ses exportations vers d’autres marchés. Toutefois, les indicateurs récents suggèrent un ralentissement plus marqué au second semestre. L’activité manufacturière demeure en zone de contraction, la confiance des entreprises s’affaiblit et le marché immobilier continue de se détériorer malgré les nombreuses mesures de soutien annoncées par les autorités.
L’accélération de la production manufacturière observée en début d’année, notamment dans les secteurs technologiques et pharmaceutiques, apparaît difficilement soutenable. Les prévisions d’investissement des entreprises du G7 se sont dégradées et l’effet positif du « front-loading » pourrait progressivement s’estomper. Les conséquences de la guerre commerciale risquent ainsi de se matérialiser avec retard, à mesure que la demande mondiale et américaine ralentit.
La Réserve fédérale se retrouve face à des signaux contradictoires. D’un côté, l’inflation sous-jacente demeure supérieure à son objectif et la progression des salaires reste soutenue. De l’autre, le marché du travail montre des signes de dégradation rapide, avec un ralentissement marqué des créations d’emplois. Dans ce contexte, la Fed doit arbitrer entre son objectif de stabilité des prix et celui de plein emploi, alors même que les effets inflationnistes des droits de douane limitent sa capacité à assouplir sa politique monétaire.